2007/5/24
Patrick Berta Forgas : une écriture qui crie, mais qui
sait aussi caresser l'espoir et l'enfance des rêves. Un parcours sensible,
parfois douloureux au travers des jours, fort d'une réflexion qui fixe et
empreinte ce que nous sommes tout simplement.
Resplendit ma chair / au désert des grains. / Sabre
et casse le verre / où boivent les jeunesses. / Il m'appartient, l'instant
solitaire / où se retrouvent, indépendants et saouls, / mes mots exposés sans
galerie...
L'ORDRE DES MÉTAMORPHOSES
est le septième
ouvrage de poésie de Patrick Berta Forgas
Collection, Poètes des cinq
continents.
L'Harmattan - Édition . 212 pages . 18 €
50.
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LES DICTATURES DU PARADIS (extraits)
Je veux lire vos livres
Et vos ventres d'enfants
ivres
Aux bières mal écrites ...
Je veux comprendre les feux
De nos
lumières éteintes.
J'en veux à vos sueurs.
J'ai le mâle des
foules
Au tumulte des vides.
J'ai des pleurs jusqu'aux
pluies.
Des ordres inutiles,
Chaleurs des loubards
Au mortel
sang-froid.
Je veux de la neige
Pour ravir l'avenir
Des espoirs
d'hommes.
Et cinq continents
Pour survivre l'amour.
Je vous
recommande le silence
De l'hôpital et de ses urgences.
Il bouge sur
les trottoirs
Des gouttes d'ennui.
Et puis,
Jusqu'au clair du
soir,
Des bougies rouges
Où s'appuie
Un souffle de nuit ...
Et
c'est parce que la table est comble
De complices ingrédients
Que nos
doutes se compriment et boivent
Toutes les eaux mortes des ventres.
Il
neige ailleurs
Des linceuls de cendres.
La liberté lève une paupière
de révolution
À l'affiche trichée ...
Où sont mes mains Massaïs ?
2007/5/12
LE GRAND JOUR
L'aube.
Le silence
résonne d'un oiseau
dont le chant
rassure le calme.
Le ciel est
encore sombre
mais empreint
de couleurs.
Le sommeil
estompe les rêves
dont certains
faisaient mal …
Si serein, le
moment de l'éveil
pour découvrir
le vivant
et l'alliance
faite de lumières,
à surprendre
le calendrier
d'un mouvement
de corps.
Lever la chair
du matin
en suspens des
heures qui viennent.
L'impact du
dos qui brûle
au lit qui
fait semblant
de ne rien
voir…
- Il fait jour
-
S'en suit le
décalque du quotidien
fait de
bruits, d'incidents et de réflexion.
- Miroir sans
teint
pour éprouver la peur -
Elle trahit si
facilement,
l'idée que
nous sommes plusieurs …
- Le midi est
une récréation
où s'abreuvent les loups -
Le temps
départage l'humeur
de nos jeux
d'hommes fragiles.
Et puis,
s'épuisent les heures
pour ne
blesser personne,
comme si la
mort n'avançait pas …
- Bras croisés
sur la chaleur du temps -
Survient le
soir.
Ce magnifique
ennemi.
Animal féroce
des fatigues
et du doute
qui mord !
Parce que
l'idée était.
Je suis las de
regarder
périr le pain
de nos matins …
Pétrir et puis
coucher
l'élan de nos
songes.
Laisser monter
l'ardeur
et voir mourir
la chaleur.
Parce que
l'été aidait.
La sueur s'est
mêlée
au regard de
nos ombres …
Le rêve est au contour des peaux.
PATRICK
BERTA FORGAS & N.A.D.A.© avril 2007.