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2/13/2009 La Chambre des HommesLA CHAMBRE DES HOMMES
de Patrick Berta Forgas Editions L'Harmattan
L’idée du chaos est celle aussi de l’écho de soi contre le monde. Le corps qui prend, donne et efface ; qui rayonne, s’effraie et se replie. La couleur dans son mystère et ses troubles. L’espace, le compartiment incertain… Tous sont les cellules libres qui retiennent les eaux de l’âme et bâtissent les murs du devenir. L’horizon est un tel brouillon que LA TENTATION DU PAPILLON d’éteindre LA CHAMBRE DES HOMMES se répand dans l’universalité de l’enfermement. Tel est l’aspect et la mémoire de ce livre.
PRÉFACE
Depuis la seconde moitié du XXème siècle, de nombreux critiques littéraires ont tendance à ranger tous les poètes qu’ils découvrent dans la catégorie dite des « post-surréalistes ». User et abuser d’étiquettes aussi vagues est le signe patent d’une immense paresse intellectuelle. Et cela paraît encore plus absurde dans le domaine de la poésie. Essayons toutefois de raisonner par l’absurde et admettons un instant que nous soyons « arrivés » à l’ère du post-surréalisme. On s’attend alors à découvrir des recueils de poèmes sophistiqués à l’extrême, revendicatifs, truffés de références érudites et offrant aux prétendus analystes de l’art l’occasion de rédiger d’interminables commentaires aussi pertinents qu’ennuyeux.
Quelle surprise éprouve-t-on alors à la lecture de La chambre des hommes. Ce recueil rassemble Les anges sauvages, écrits il y a plus de trente ans, et onze autres poèmes datant de ces deux dernières années. Ce qui semble chronologiquement incongru devient limpide lorsque le lecteur découvre l’unicité profonde de ce recueil. Unicité des thèmes, unicité de l’écriture et surtout le caractère cyclique du recueil qui à l’image de la vie offre au fil des pages un éternel recommencement. À la chaleur des corps nus lors de l’étreinte sexuelle (Déclinaisons naturelles) succède la chaleur des déserts africains où des enfants attendent en vain la pluie (La chambre des hommes, L’enfant au désert). Riche en métaphores sexuelles, le recueil s’achève sur une autoreproduction qui prend la forme d’une mue (La tentation du papillon) puis sur l’accession à un stade ultime dans lequel l’enfant devient écrivain (Livrerie). La boucle est bouclée, un nouveau cycle commence, simplement enrichi d’un objet très léger : la plume.
Les poèmes de Patrick Berta Forgas sont autant empreints de simplicité habile que d’innocence grave. Comme un pied de nez aux modes artistiques, l’auteur de ce recueil revient en fait à l’origine du surréalisme, celui des tentatives d’écriture automatique et du cadavre exquis. Faut-il parler de retour en arrière ? Non, car ici la poésie s’affranchit des notions d’avant ou d’après, le poète parvient à effleurer la vérité en abolissant le temps. Parce que La chambre des hommes nous y invite, il faut goûter au plaisir divin de lire de la poésie sans penser à rien d’autre.
Alexandre Tsakanikas-Analis . Février 2009 |
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